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Les kinés libéraux, des professionnels hyperstressés et en burn-out ?

C’est une récente étude de la CARPIMKO, qui détaille le ressenti des kinés libéraux face à la pénibilité de leur activité professionnelle. Et les résultats inquiètent autant qu’ils interrogent.

Les kinés libéraux épuisés et stressés de cette année 2020 ?

Inutile de revenir sur la complexité de l’année passée, puisque la pandémie du coronavirus a impacté tous les secteurs d’activité, et plus encore les professionnels de santé. Mobilisés pour accompagner leur patientèle mais aussi pour participer à l’effort collectif de lutte contre la propagation de l’épidémie, les kinés libéraux sont, à l’instar de bon nombre d’autres professions de santé, épuisés, stressés et angoissés de cette année passée mais aussi des perspectives s’offrant à eux pour les années à venir.

Régulièrement, la CARPIMKO (Caisse autonome de retraite et de prévoyance des infirmiers, masseurs kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes) étudie les conditions de travail des kinés libéraux et autres professions de santé de ville. Et l’édition de ce rapport pour les mois de juin à octobre 2020, et publiée à la mi-janvier, pointe la dégradation de ces dernières et les menaces pesant sur les kinés libéraux comme sur les autres professions étudiées, à savoir les infirmières, les orthophonistes, les orthoptistes et les pédicures podologues. Bien évidemment, la crise sanitaire du coronavirus influe fortement sur ces résultats, bien que les auteurs de l’étude soulignent que ces tendances sont appelées à durer.

La pénibilité au quotidien pour les masseurs kinésithérapeutes libéraux

Cette étude s’est concentrée sur l’analyse et la compréhension de la pénibilité au quotidien de la profession de masseurs kinésithérapeutes libéraux. Parmi les kinés libéraux interrogés, 39 % de ces professionnels soulignent présenter un niveau sévère d’épuisement. Près de 4 kinés libéraux sur 10, ce qui constitue un premier signal d’alerte, bien qu’il faille souligner que cette proportion est inférieure à celle obtenue pour l’ensemble des professions (40.5 %).

En revanche, les kinés libéraux sont plus nombreux (que les autres professions de santé) à éprouver un sentiment de dépersonnalisation / déshumanisation puisque plus d’un professionnel sur deux se dit concerné (50.1 %). Cela conduit naturellement les masseurs kinésithérapeutes à ressentir une baisse de leur efficacité mais aussi de la réalisation de soi. Ils sont 50.4 % à le ressentir.

52.8 % des kinés libéraux présentent des signes de burn-out

Le pourcentage est impressionnant et pourtant il reflète l’état d’esprit de tous les professionnels (moyenne pour toutes les professions : 53.5 %). Plus inquiétant encore, 20.3 % des kinés libéraux ressentent un « burn-out pathologique »

Des conditions de travail usantes pour les masseurs kinésithérapeutes

Ces conditions de travail, que la crise sanitaire n’a pas arrangé, s’expliquent principalement par l’hyperstress, que près d’un kiné libéral sur 3 (31 %) dit ressentir au quotidien. La charge de travail reste une des principales explications. L’amplitude horaire est importante (en moyenne de 8h30/9h00 à 20h00/21h00) et même si chaque kiné libéral a son organisation, on comptabilise en moyenne un volume horaire moyen de 50 heures par semaine. Cette charge importante a des répercussions sur l’équilibre vie professionnelle / vie privée des masseurs kinésithérapeutes libéraux, aggravant cette sensation de stress et de burn-out.

Bien qu’une majorité des kinés libéraux admettent des progrès pour tout ce qui concerne la gestion administrative de leur cabinet, ils reconnaissent néanmoins que cette « paperasse » est usante et stressante au quotidien.

90 % des kinés libéraux estiment que l’excès de gestion administrative est un facteur d’épuisement professionnel.

C’est le facteur le plus souvent cité par les kinés libéraux pour tenter d’expliquer cette sensation d’angoisse du quotidien. Enfin, la crise sanitaire a décuplé certaines inquiétudes, en alourdissant les contraintes pesant sur ces professionnels de santé. Si tous redoutent de nouvelles mesures de confinement, qui nuirait à leur activité et à leur développement, les masseurs kinésithérapeutes soulignent que ces gestes barrières les ont amenés à revoir en profondeur toute l’organisation de leur cabinet. L’inquiétude demeure quant à la date d’un retour à la normale, et des conséquences sur le long terme, que pourrait laisser l’épidémie.

Vous reconnaissez-vous dans ce portrait type dressé par la CARPIMKO ? Estimez-vous être hyperstressé voire en situation du burn-out ? Et surtout quelles seraient, selon vous, les décisions à prendre pour apaiser cette situation plus que tendue ?

4 commentaires sur « Les kinés libéraux, des professionnels hyperstressés et en burn-out ? »

  1. Rapport exact, les conditions de travail sont de plus en plus difficiles et la rémunération n est pas à la hauteur de nos prestations surtout quand on pratique des soins individuels, ce qui nous oblige à faire beaucoup d heures

  2. Francis VELLUET | 17 février 2021 à 15 h 18 min |

    La situation serait meilleure si on trouvait des assistants ou associés surtout dans
    la ruralité où les 50h sont plus souvent 70h

  3. La situation en 20 ans s est grave  » pourri  » revenus en baisse ( large) et non garantie, des injonctions paradoxale a tout va ( soigner plus de gens avec moins de temps et oukoirs mieux avec plus de matos ! Ahahah ! Et quand on est pas content on se met en grève: ah ben non ça arrange la sécu ! Alors on s arrete pour burn out ou dépression , ah ben non pas reconnu et très mal pris en charge par les assurances privés ! Bon ben tu te fais arrêter en disant que t as mal au genou et tu changes de job ! Bravo tous les syndicats !

  4. La situation en 20 ans s est grave  » pourri  » revenus en baisse ( large) et non garantie, des injonctions paradoxale a tout va ( soigner plus de gens avec moins de temps et mieux avec plus de matos ! Ahahah ! Et quand on est pas content on se met en grève: ah ben non ça arrange la sécu ! Alors on s arrete pour burn out ou dépression , ah ben non pas reconnu et très mal pris en charge par les assurances privés ! Bon ben tu te fais arrêter en disant que t as mal au genou et tu changes de job ! Bravo tous les syndicats !

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